lundi 13 mai 2013

Les murs de Wynwood

[STREET ART]

Oubliez tout de suite la plage, les culturistes, les touristes bruyants, j'étais dans la B-Side de Miami, son downtown joliment rétro, ses drogués au crack et son périph' aérien.

*Wynwood district*




Situé au nord du downtown Miami, entre la 20ème et la 36ème rue, à l'est de la route nationale I-95, Wynwood rassemble à lui seul les contrastes de la ville: il est le quartier des porto-ricains, il est une pépinière culturelle -- on compte 70 musées et galeries -- et à quelques blocs des impressionnants "murals", se forme tous les jours à 16h une longue file de homeless venant chercher à manger (ce sera pour le prochain post).










[crédit photos: L.D. Tous droits réservés]

vendredi 19 avril 2013

Do you text?


#COLLECTIONNEUSE



[TEXTOS CHOISIS]

 « Ici la petite s’endort, douce fin d’après-midi, puis voilà les heures plus sombres. Vive nos meilleurs moments. »

« Quatre heures de sommeil en pointillés, ELLE triste qui nous abîme. Dur dur la reprise. »

« Rentre, mange et bosse sur l’ordinateur avec un verre de vin et un peu de crumble. Mort aux cons et forza Che Guevara ! »

« Profite bien de ta retraite, à vendredi pour un tetris ou bien quelques niveaux de Mario. »

« J’ai raté mon train, le long et tout vétuste qui va chez mes parents. Du coup on nage dans l’auto-dérision, Noël a mis la fièvre ! »

« Trois ans après, ces crazies courent toujours après un ballon, s’habillent toujours pareil et n’en finissent plus de rénover le stade. Mais je regrette le tailgating et les jolies robes des sororities les jours de match. »

« OMG ! I had a corn bread dream! I was a greedy farmer from Minnesota with a highly suspicious moustache! »


*Soundtrack épistolaire


*bonus track (pour le clin d’œil biarrot)



[photos: L.D. Tous droits réservés.]

lundi 1 avril 2013

Spring Song



[MOTS] Parce que le printemps arrive à petits pas (si si, faut y croire), que cette année il a amené avec lui mes 25 ans, parce qu’il souffle un vent de légèreté et de projets, and because despite everything, Paris makes feel alive.




Début de soirée, Montparnasse. Elle s'était retrouvée à l'étage des départs, son sac à dos de voyage et son sac à main tenus à bout de bras. Un sentiment d'urgence l'habitait. D'urgence et d'angoisse. Que faire? Partir, rester? De quoi avait-elle envie, vraiment? Que les éléments décident pour elle, qu'elle n'ait pas de choix à faire, allez!

Les gens se pressaient autour d’elle, leurs pas bruissaient mais elles ne les voyaient qu’en coin, flous, ces anonymes volant vers des ailleurs pour le weekend. Une légère tension électrisait atmosphère, rappel des heures de grève un peu plus tôt ayant conduits de nombreux passages à retarder leur départ pour cause de trains annulés. D’ailleurs si elle était, elle aussi, au milieu du hall à encore se demander quand elle partirait dans une ville du Sud, c’était aussi à cause (ou grâce ?) à ces annulations de train. Si elle l’avait pris comme prévu en début d’après-midi, si elle était arrivée comme prévu suffisamment tôt pour prendre un verre avec son amie d’enfance, elle ne se retrouverait pas dans la file d’attente des guichets aux départs immédiats.

« Mon train a été annulé ce matin… On est sûr que celui de 19h35 part bien ?

-Ah oui oui mademoiselle, il partira bien. Je vous confirme ce départ ?

-Le premier demain matin, c’est celui de 8h10 ?»
 

Soupir du guichetier qui ne peut pas comprendre les hésitations de sa cliente, qui peut encore moins décider pour elle et qui aimerait bien terminer une journée mouvementée, un peu trop éprouvante, comme à chaque mouvement social. Il tapota brièvement sur la souris et afficha les trains suivants sur le trajet demandé.

« C’est ça, oui.

-Hum, euh… Il est plus cher ?

-Un peu plus cher oui.

-Hum, euh… »

Le guichetier leva un regard vers elle et dans un mouvement de sourcil relevé, lui indiqua qu’il attendait une décision. Elle sentit son cœur battre plus fort.

« Je prends celui de demain matin. »C’était sorti tout seul, comme en urgence, c’était sorti tout seul, comme une évidence. Et c’était bien cela. Ce soir, sa place n’était pas dans le train. Elle n’avait pas pu. Elle avait choisi. Enfin, elle avait surtout osé suivre son instinct qui lui disait que ces quelques prochaines heures à Paris chambouleraient tout.


[…]

[textes et photos L.D Tous droits réservés]

lundi 25 mars 2013

Night Coincidences

#SPYGAME

*night guessings from the kitchen window, Charonne

 
 
 
It's 10 o'clock and it's all dark outside

Lights popped up as many neighbours' lives

Which stories do these boxes tell tonight

And which one is mine ?


[crédit photo L.D]

lundi 11 mars 2013

The Shelters, accords rock sur les rails

bon, ce post aurait pu être sous-titré "du rock d'Agen qui vous va bien" mais je n'ai pas osé...

[MUSIQUE] La première fois qu’on a vu The Shelters, c’était à la Flèche d’Or et on a eu un peu peur, pour une raison totalement dénuée de bon sens musical : Léo (le chanteur), on peut parler de cette chemise à fleurs ? Regards mitraillette des alliés du groupe à côté de qui on a eu la bonne idée de se placer. Et qui ont entendu mon scandaleux chuchotement. Une chanson plus tard, Léo, à l’aise, sympa, souriant, explique qu’ils viennent d’Agen et que c’est le premier concert parisien du groupe.


Les Shelters se sont fait connaître grâce au tremplin Ricard S.A Live dont ils sont arrivés deuxième. Une exposition qui leur vaut, en novembre dernier, de se retrouver en première partie de Pendentif et Jil is Lucky à la Flèche d’Or. Et d’envoyer une musique furieusement rock, aux arrangements et mélodies soignés. Le public est conquis, Paris gagnée. « On était plus rock que les groupes qui suivaient, mais les gens ont pris leur pied; On a fini sur un truc super patate. J’ai eu beaucoup de retours positifs. Notre musique plaît à des gens qui aiment la pop ! » analyse Léo.


Ce soir-là, rendez-vous est pris pour le 11 févier à l’International…

Ils ont pris le TGV en provenance d’Agen la veille, ont joué dans le wagon-bar en acoustique pour payer l’aller-retour  -- parce que oui la SNCF programme quelques concerts dans ses ID TGV) et les voici rue Moret. Il est encore tôt, le bar est calme. Léo et Michael « Micky », un des guitaristes, arrivent, sans stress apparent. Contents de refaire une date parisienne. Evoquent avec plaisir leur groupe avant que les pizzas du dîner ne soient servies dans les loges. Et ça commence comme l’histoire d’une bande de potes collégiens qui se décident à faire de la musique l’année de leur Brevet.

« C’est assez marrant parce qu’on vient de nulle part, sourit Leo. A part Lucas (le batteur) qui a fait du conservatoire. Et Julien (guitariste) avait pris des cours au Florida (salle de musiques actuelles d’Agen). Micky, toi ?
-Moi je joue depuis l’âge de quatre ans, un peu de tout. » Léo l’interrompt : « Ce mec il faisait des bandas ! » Michael a rejoint le groupe deux ans après sa formation : « On lui a demandé de jouer de la guitare, reprend Léo. Il ne savait pas en jouer, il avait une semaine ou deux de guitare. Il a appris les morceaux en sept jours, on avait la Fête de la musique. »

Le groupe a mué, changé de nom et choisi Shelters « en rapport à la chanson de Fatboy Slim "Song for shelter" qui prend pas mal aux tripes » ; Fred, le bassiste, plus âgé, s’est greffé au groupe quand les choses sont devenues sérieuses…  Tout le monde écrit, compose, propose des morceaux. Entre les agendas des uns, les études des autres (Lucas, le batteur, est étudiant à Nantes alors que les autres sont restés à Agen), ils ont pour l’heure rôdé de quoi tenir plus de 50 minutes sur scène. « Et les chansons on les a pensées, on s’est engueulés dessus, on est perfectionnistes ! » souligne Michaël.


Les trois autres membres du groupe nous rejoignent. Racontent qu’ils ont croisé de vagues connaissances. Attrapent la discussion en cours de route, répondent en même temps, digressent parfois, se vannent. « Ca s’accélère pour nous, surtout en interne, reprend Léo. Il va y avoir un enregistrement. On a eu des contacts avec des labels, même si c’est assez informel. Les gens sont intéressés par notre projet, ça se ressent sur les dates. » 

Des concerts en Rhône-Alpes et en Aquitaine se dessinent, dont un le 6 juillet lors d’un festival à Bordeaux. « On est sur une marche, ajoute Léo. On pourrait être un groupe de lycéens qui joue  à droite à gauche, là on parle d’enregistrement, de concerts à Paris… Je pense que si quelqu’un ne voulait pas continuer le projet, il l’aurait dit avant. Là on est tous engagés, on est tous dedans. » 

A les voir complices sur la scène de l’International quelques heures plus tard, à conquérir le public de leur rock réjouissant, on n’en douterait pas une seule seconde.
 
Pour suivre The Shelters, voir leur page facebook. Prochain concert à Paris le 19 avril à l'OPA Bastille.




[Crédit vidéo D.R et photos: L.D]

jeudi 28 février 2013

Obsessions sonores



[J’AI CA EN TETE ET CA NE PART PAS - BIS]

*en boucle...
Junip - "Line of fire"





*Dans la famille « voix caverneuses », je reprendrais bien un peu de Narrow Terence, surtout suite à leur très beau concert à l’église Saint-Eustache (mais j’étais trop loin pour les photos, hein).
Narrow Terence - "Dinner"


Et du Nick Cave and The Bad Seeds. Là, "Push the Sky away", qui donne son titre à l’album.  

Ou « Jubilee Street »:


*Dans la famille "vus et approuvés sur scène", les petits jeunes d’Exsonvaldes avec "Lali" (la photo en début de post, c'est eux!). Leur prochain album, Lights, sort le 18 mars.


Et même s’ils ne sont pas encore tout à fait géniaux sur scène de mon point de vue, mais que leur album est carrément chouette : Alt-J et "Breezeblocks



Et tout de même… 
*dans la famille « gym suédoise » (cours à majorité de filles, en cercle, sur une playlist TONIQUE choisie par un professeur ENJOUE qui montre des mouvements de cardio et abdos, pour résumer) ; correspond aussi généralement le moment de la semaine où je révise toutes les musiques « in » qui passent sur les chaînes musicales : 
Macklemore – "Thrift Shop feat. Wanz" (fonctionne aussi très bien quand il faut écrire en urgence le document entre 5 et 8 pages à rendre pour la réunion qui se tient deux heures plus tard).



[photos: Lili D.]

mercredi 27 février 2013

La Vie Parisienne

[CINEMA] Vous ne vous êtes jamais arrêtés dans un square à regarder « les autres », jeunes couples qui surveillent leur premier enfant sur le toboggan, adolescents qui se pressent en se bousculant, personnes âgées qui discutent sur un banc, et à leur imaginer une vie ? Vous n’avez jamais regardé par la fenêtre les voisins du bâtiment d'en face, tout près, dont l’absence de rideau permet de saisir quelques bribes de vie quotidienne ? (et bien moi si, et je consignais tout dans des petits carnets oranges, ce parce que j’avais beaucoup aimé Harriet L’Espionne de Louise Fitzhugh)

Dans le court-métrage La Vie Parisienne, il y a un square comme il y en a plusieurs dans Paris, au milieu du boulevard, quelques arbres séparant les promeneurs de la circulation. Il y a ce couple qui joue au ping-pong. Tous les mercredis et parfois le samedi. On a l’impression que Vincent Dietschy passait par là, les a regardés et en a réalisé un court-métrage qui les raconterait : La Vie Parisienne, nommé aux Césars dans la catégorie Meilleur Court-Métrage. Marion et Pierre sont beaux, ils sont professeurs, ils sont amoureux, ils sont de gauche… « J’avais envie de travailler avec Milo [McMullen, actrice et chanteuse, un faux air de Liv Tyler en moins ingénue] et de faire quelque chose autour de la conjugalité » dit le réalisateur et scénariste. Passé par l’IDHEC (ex-Fémis), Vincent Dietschy a déjà réalisé des long-métrages dont Didine, avec Géraldine Pailhas, Christopher Thomson et Benjamin Biolay (2007) et travaillé avant cela avec entre autres Laurent Cantet et Gilles Marchand (Qui a tué Bambi ?, 2003).



Dans la routine de Marion et Pierre (interprété par Serge Bozon) surgit Rémi, amoureux d’enfance de Marion. Excentrique et libre, Rémi s’incruste dans la vie du couple en proposant là une soirée chic dans un palace, là de dormir à trois – sinon lui-même dort parfois sur les bancs des squares – et accepte ici un duel au ping-pong. Pierre est agacé, Marion est troublée. « L’acteur qui joue Rémy [Esteban, ndr] est tellement original, avec sa voix si particulière, sa façon même de parler, qu’il en devient dérangeant mais dans le même temps, il nous accroche, » souligne Vincent Dietschy.

C’est ce jeu à trois, à la fois futile et citadin, que raconte Vincent Dietschy dans une esthétique qui rappelle la Nouvelle Vague, Christophe Honoré (qui appellent eux un univers finalement assez « parisien »), dans le jeu des acteurs et leur phrasé, dans le découpage en chapitres. C’est aussi coloré et pop : aux images poétiques de Marion sous la neige succède un jubilatoire passage chanté (et chorégraphié) en allemand où une tentative de baiser se trouve démultipliée par les ajouts successifs de différentes prises.

La parenthèse intrusive dans la vie parisienne de Marion, Pierre et Rémi se referme après une quarantaine de minutes ; en ce moment, Vincent Dietschy travaille sur près de sept projets à la fois, parmi lesquels un qui lui donnerait la possibilité de donner une suite à ce trio.

Pourquoi ce titre, "La Vie Parisienne"? Vincent Dietschy : « Parce que dans le long métrage à venir, dont le court est extrait, la jeune femme, Marion, vit au début en grande banlieue, à Melun, et emménage chez son compagnon, qui habite à Paris. Parce qu'il y a une opérette d'Offenbach qui s'appelle "La vie parisienne" , qui n’est pas sans rapport avec mon film, et que j'aime bien Offenbach. Parce qu'il y a une revue de petites annonce cul et échangistes, qui existe depuis des dizaines et des dizaines d'années, et qui s'appelle "La vie parisienne". Parce que dans le film, grâce au dispositif léger que j'ai choisi, la vie parisienne éclate partout, dans les coins et les recoins, à chaque plan, et que pour moi, c'est aussi ça le spectacle du film, celui de la vie parisienne, la vie de ces gens qui s'agitent et marchent d'un pas pressé ou se posent dans un café. J'ai remarqué que dans d'autres grandes villes françaises, comme par exemple Lyon, le rythme, le "flow" des gens est beaucoup plus lent. Je suis sûr qu'on peut reconnaître la terrasse d'un café parisien à la terrasse d'un café lyonnais à la rapidité des gestes qu'on les serveurs, les clients. »


La Vie Parisienne, réalisé par Vincent Dietschy, 2011, 36 mn, avec Milo McMullen, Serge Bozon, Esteban, Mona Walravens. Produit par Sombrero Films. Le film a notamment reçu le prix Jean Vigo 2012.



*Thoughts on parisian style…

C’est le slalom entre les gens toujours trop lents dans les couloirs du métro (même le dimanche),

C’est le taxi à 2h30 heures du matin, et lui raconter combien les hommes de ce soir-là étaient relous , combien les hommes de notre vie nous ont déçues, combien notre sourire cache de névroses en tout genre.

C’est acheter son croissant à 6 heures du matin en rentrant avec les premiers métros et en prendre un deuxième pour le colocataire. Et en compter les calories.

C’est payer tout trop cher, râler, et recommencer.

C’est refaire le monde jusqu’à trois heures du matin, avec une tisane ou un verre de vin, et fumer à la fenêtre,

C’est le zapping, les agendas qui se remplissent trop vite, la peur d’être seul, les trottoirs bondés de la rue de Rivoli, les répertoires à rallonge, le manque d’engagement, les retards sans excuse, les séances de ciné tardives, le réconfortant petit épicier toujours ouvert,  

C’est les sushis qui sauvent le dîner et le brunch qui réveille le dimanche,

C’est sortir, c’est danser, c’est parler fort, c’est se perdre en analyses foireuses et en blagues douteuses,

Ce sont les terrasses bondées, les talons qui claquent sur le pavé, les barbes mal rasées,

C’est partir au boulot avec des cernes qui racontent la soirée de la veille, et le teint gris qui cherche le soleil,

C’est son sourire qui nous attend à la station de métro.


[photo D.R et L.D]